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PORTRAIT PAR VAN HOVE / PARTIE 2

L'oeuvre de Francine Van Hove allégorise le quotidien : l'instantané devient définitif et la signification de l'anecdotique monte d'un cran. Pour cela elle met en scène des jeunes femmes dans des intérieurs clos ; une "maison" si l'on veut, mais qui serait si close que la probabilité d'intrus y serait nulle. A l'abri, inconscientes ou insouciantes de leur propre beauté, elles se laissent aller à l'aimable paresse ou s'adonnent à des plaisirs immobiles : lire, prendre le thé, s'abîmer dans un reflet. Des moments arrachés à l'écoulement du temps, rappelé ici par quelque nature morte, là par l'interrogation sans fin d'un miroir.
Sa peinture procure une sensation d'émerveillement, diffusée par la précision des jeux de lumière, le rendu de la matière et la richesse des détails. Les corps, savamment modelés, imposent par la perfection de leurs gestes assurés une rêveuse harmonie.
Sans doute, la résonnance des oeuvres de Van Hove vient-elle de loin : la statuaire grecque, la Renaissance italienne et la peinture flamande, partout où la présence des Grâces nous souffle l'intuition du bonheur ici-bas.
Sous une simplicité apparente, son oeuvre conserve une part de mystère.Ces jeunes filles tantôt songeuses tantôt mélancoliques défendent l'accès à leur intériorité. Et, comme chez Vermeer, l'oeuvre demeure pour une certaine part insaisissable.

Alain Blondel
Esquisse



Tableau fini